Nouvelles à la Gaume (7) : Remake de Psychose à St Mard
Tout juste faisait-elle partie de la chorale municipale, une institution incontournable à Saint-Mard. On ne lui connaissait ni liaison, ni famille proche, ni fortune.
Comme il n’y avait pas d’héritage, ni de biens à distribuer, l’enquête ne fut pas bien approfondie. L’inspecteur De Maesmeker n’améliorerait pas ses statistiques fort médiocres, à quelques mois de sa retraite anticipée. Il ne trouva pas la moindre piste, ni le moindre indice. Il faut dire que trois meurtres en si peu de temps, il y avait de quoi le traumatiser dans ce coin si tranquille de la Gaume !
Il en aurait pour des années à s’interroger, en sirotant un nouvel Orval et en sifflotant la musique de Psychose. Tout le monde ne peut pas être Simenon sous prétexte que l’on était en Belgique !
Y avait-il un lien entre ces trois meurtres de femme ? Un tueur en série ? Bref, cela pouvait être le début de drôles d’emmerdes, de compte-rendus à n’en plus finir, de la pression médiatique et de sa hiérarchie.
L’inspecteur De Maesmaker préféra se faire porter pâle. Il se mit en congé maladie et se soigna pendant trois bons mois renouvelables à pêcher dans les plans d’eau du coin, avec son pote médecin. On est jamais si bien servi que par un pote médecin qui, lui aussi, avait un poil dans la main et qui se ferait un plaisir et un devoir de suivre son patient… au bord de l’eau !
L’enquête fut confiée à un stagiaire motivé, à peine sorti de l’école de police. Il déploya une énergie considérable à s’agiter et à gaspiller des moyens non moins considérables. Sans résultat. Si bien qu’on finit discrètement par classer les dossiers en attendant “un élément nouveau” que le Hasard ou la Providence finiraient bien par provoquer.
En attendant, on n’avait pas fini d’aller taquiner le gougeon et d’aligner les cocottes en papier !
Arlon, le 20 février 2007.
